Isabelle Quintal, étudiante du mois

lundi 30 mars 2020 | Actualités

Son projet de doctorat : porteur d’espoir pour la santé des femmes.



Axe : Inflammation-douleur, CRCHUS

Un perfectionnement continu

Isabelle Quintal a complété un baccalauréat en ergothérapie avant d’entamer sa carrière comme clinicienne auprès d’une clientèle ayant des troubles musculosquelettiques, de la douleur neuropathique et des douleurs chroniques. D’ailleurs, c’est au début de sa carrière qu’elle a constaté le manque d’interventions efficaces pour la clientèle en douleur. Cette problématique l’a motivé à se rendre en Suisse pour une durée d’un an pour se former à une méthode innovante de traitement de la douleur : la rééducation sensitive. Mme Quintal a ensuite constaté que malgré ses nouvelles connaissances cliniques, les données probantes manquaient. Pour pallier ce manque, elle a effectué une maîtrise de recherche en Sciences de la réadaptation en entreprenant des études sur la réadaptation des personnes avec allodynie à la main. En janvier dernier, elle a débuté ses études doctorales de recherche en Science de la santé à l’Université de Sherbrooke, dans le laboratoire de Mélanie Morin au CRCHUS.

« Isabelle est une doctorante avec un grand potentiel en recherche. Elle a une grande motivation pour mieux comprendre et traiter les conditions de douleurs chroniques. Elle a une démarche scientifique méticuleuse et critique. Je suis choyée de pouvoir avoir une étudiante de ce calibre dans mon équipe. » - Mélanie Morin

Une motivation honorable

La clientèle atteinte de douleur passionne la doctorante, car la douleur est un construit complexe à définir, évaluer et traiter et représente un énorme défi clinique ainsi qu’en recherche. C’est ce défi en soi qui la pousse à se dépasser dans ses projets de recherche. Sachant que son champ d’expertise est en lien avec la rééducation de la population aux prises avec des douleurs neuropathiques et/ou chroniques, certains pourraient se demander comment elle en est venue à s’impliquer dans un projet de recherche sur les douleurs vulvaires. Voici son explication :

« C’est un sujet qui a attiré ma curiosité et qui m’a intéressé, car il est tabou et peu adressé. J’ai eu l’opportunité de rencontrer dans ma carrière de clinicienne quelques-unes de ces femmes avec douleurs vulvaires, et j’ai été surprise de voir à quel point cette condition affectait leur vie. À mon avis, l’impact fonctionnel de ces douleurs est sous-estimé, et c’est entre autres ce qui m’intéresse, c’est-à-dire de le montrer au grand jour et de contribuer à trouver des solutions pour la santé de ces femmes ».

Une étude clinique sur un sujet tabou

Le projet de recherche au CRCHUS dans lequel Mme Quintal est impliquée s’intitule Efficacité de la rééducation sensitive pour réduire la douleur lors des relations sexuelles chez les femmes atteintes de vestibulodynie provoquée : essai clinique randomisé. Ce projet porte sur une population atteinte de vestibulodynie provoquée, une condition caractérisée par de la douleur à l’entrée du vagin lors d’un toucher et/ou d’une pénétration. Cette condition limite les relations sexuelles et la qualité de vie des femmes atteintes. Les interventions offertes actuellement à ces femmes ne traitent pas complètement cette condition, plusieurs d’entre elles demeurant avec des douleurs. Son projet est une étude contrôlée randomisée qui vise à déterminer l’efficacité d’une méthode innovante (la rééducation sensitive) pour réduire la douleur lors des relations sexuelles chez ces femmes.

« Mon nouveau rôle professionnel d’étudiante au doctorat et de chercheure en devenir me passionne, car il me permet d’améliorer le niveau des évidences scientifiques en lien avec des interventions cliniques. Ainsi, mes projets ont des retombées cliniques et les thérapeutes ont en main davantage de moyens pour mieux traiter leur clientèle.»

Une subvention des IRSC pour financer son projet de doctorat

Avant même de débuter son projet de doctorat, son équipe de recherche et elle ont entrepris l’analyse de données sur une étude de cas rétrospective adressant une population avec vestibulodynie provoquée traitée avec la rééducation sensitive. Cette analyse ainsi que la mise en place de son projet de doctorat lui ont valu la Subvention de mentorat en santé des femmes des Instituts de recherche en santé du Canada (IRSC) en tant que cochercheure avec sa directrice, Mélanie Morin, comme chercheure principale.

Le projet de recherche est porteur d’espoir par ses futurs résultats qui ont le potentiel de prouver l’efficacité de la rééducation sensitive pour traiter les femmes atteintes de vestibulodynie provoquée. Cela permettrait d’outiller les thérapeutes afin de mieux soigner ces femmes et de leur redonner une qualité de vie.

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