Chercheur du mois de juin : Jean-Patrice Baillargeon, M.D., M.Sc.

2018-06-20

« Le but ultime de mes recherches est de réduire l’impact de l’obésité sur la santé reproductive des femmes et de favoriser un transfert rapide des connaissances à la clinique en utilisant une approche translationnelle » souligne le Dr Jean-Patrice Baillargeon, clinicien chercheur au CRCHUS depuis quinze ans, qui propose un programme d’adoption de saines habitudes de vie comme solution efficace et à moindre coût pour améliorer l’accès des femmes obèses et infertiles à la fertilité.

Reconnu par ses pairs comme un leader mondial sur l’implication des mauvais gras dans le développement du syndrome des ovaires polykystiques (SOPK), le Dr Baillargeon a démontré que des niveaux élevés de gras et leurs produits de dégradation dans l’ovaire étaient associés à plus d’hormones mâles et une moins bonne fertilité. Expert en endocrinologie de la reproduction, il étudie aussi les meilleures approches pour supporter les soins primaires et les cliniques de fertilité dans la prise en charge de l’obésité. Le SOPK touche environ 1 jeune femme sur 12. De plus, c’est la cause la plus fréquente d’infertilité et d’excès d’hormones mâles chez les femmes. L’infertilité, quant à elle, affecte environ un couple sur 8. Un de ses facteurs de risque modifiable important est l’obésité, qui est présente chez environ 20 % des femmes en âge de procréer.

Fertilité et santé

Depuis 2012, l’équipe interdisciplinaire du Dr Baillargeon soutient les femmes obèses et infertiles pour l’adoption de saines habitudes de vie, par l’entremise de son programme Ferti-Santé. L’équipe, constituée d’une nutritionniste, d’une kinésiologue et d’un psychologue, a démontré que Ferti-Santé permet d’augmenter les chances de ces femmes de devenir enceintes, surtout pour une grossesse naturelle sans traitement, et de donner naissance à un bébé. Les résultats de recherche suggèrent que le programme Ferti-Santé a aussi diminué les complications durant la grossesse et à la naissance. Ces importants résultats ont permis au Dr Baillargeon d’obtenir une subvention majeure des Instituts de recherche en santé du Canada pour évaluer ce même programme d’intervention dans 8 cliniques de fertilité à la grandeur du Canada.

« Ce qui me passionne dans mon rôle de clinicien-chercheur, c’est d’abord les questions qui me viennent de mon expérience en clinique, avec mes patientes. Ce sont mes patientes qui me nourrissent d’idées de recherche au départ. J’ai ensuite l’opportunité et les moyens d’y répondre avec les méthodes les plus appropriées, dans un milieu des plus supportant. Je suis choyé de pouvoir travailler avec des personnes extraordinaires : des patientes qui me font confiance, des volontaires de recherche généreux de leur temps, des professionnels de recherche compétents et dédiés, des étudiants allumés et des collaborateurs aux vastes expertises. C’est grâce à eux que mes projets de recherche se réalisent », souligne fièrement le Dr Baillargeon.

Portait du Dr Jean-Patrice Baillargeon

  • Diplômé de médecine de l’Université de Montréal en 1994. 
  • Obtient son certificat de spécialité en endocrinologie et métabolisme de l’Université de Sherbrooke en 1999.
  • Complète une formation postdoctorale en recherche sur le thème des aspects métaboliques du syndrome des ovaires polykystiques à la Virginia Commonwealth University de 2001 à 2003. 
  • Détient une Maîtrise en recherche clinique et biostatistiques de la Virginia Commonwealth University en 2004. 
  • Rejoint le CRCHUS en 2003.
  • Reçoit le prestigieux Prix du jeune chercheur de la Société canadienne d’endocrinologie et métabolisme en 2011.

Jusqu’à présent dans sa carrière, il a publié :

  • 75 articles originaux;
  • 29 articles de revue;
  • 6 chapitres de livres;
  • Ses publications ont été citées environ 4600 fois. 
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