Virus de la grippe | Vers de nouveaux médicaments antiviraux contre l'infuenza

2013-02-22

L'équipe du chercheur Martin Richter, Ph. D. et ses collaborateurs ont identifié une nouvelle fonction d’une enzyme, la matriptase, présente dans le système respiratoire humain qui est capable d’activer une protéine virale impliquée dans les infections causées par le virus influenza (ou virus de la grippe) H1N1.

Martin Richter, Ph. D.

Martin Richter, Ph. D.

En partant de ce constat, ces chercheurs ont découvert un nouvel antiviral qui cible l’hôte plutôt que les virus et qui pourrait permettre d’éviter la résistance des virus au médicament.

Les résultats de recherche de Martin Richter répondent à un besoin criant de nouveaux antiviraux pour traiter la grippe, une infection qui fait encore, chaque année, entre 250 000 et 500 000 morts à travers le monde, surtout de jeunes enfants et des personnes âgées.

Consultez l'étude

Matriptase Proteolytically Activates Influenza Virus and Promotes Multicycle Replication in the Human Airway Epithelium publiée dansJournal of Virology.

  

Des résultats

Les résultats de l’étude de Martin Richter démontrent qu’à l’aide d’outils biotechnologiques appelés ARN d’interférence, il est possible de supprimer la production de matriptase dans les cellules épithéliales bronchiques humaines. Ce sont ces cellules qui tapissent notre système respiratoire et qui sont la principale cible du virus de la grippe.

L’équipe de chercheurs a pu démontrer que l’absence de cette enzyme bloquait significativement la réplication du virus H1N1. Sans cette enzyme, les cellules deviennent davantage résistantes au virus de la grippe. Ils ont poursuivi l’expérience en utilisant leur inhibiteur novateur pour supprimer l’action de l’enzyme.

Les chercheurs ont démontré que cet inhibiteur était hautement efficace pour bloquer la réplication du virus H1N1, cause de la pandémie de l’année 2009.

Virus résistant aux antiviraux

Sur le marché, il existe en ce moment deux types d’antiviraux approuvés pour le traitement du virus influenza (virus de la grippe) dont font partie le Tamiflu et le Relenza.

Par contre, les multiples souches du virus de la grippe sont de plus en plus résistantes aux antiviraux.

Chercheur principal

Martin Richter, Ph. D.
Chercheur au Centre de recherche clinique Étienne-Le Bel du CHUS

Professeur à la Faculté de médecine et des sciences de la santé de l’Université de Sherbrooke

Collaborateurs

Éric Marsault, Ph. D., chimiste médicinal

Richard Leduc, Ph. D., biochimiste et pharmacologue
Chercheurs au Centre de recherche clinique Étienne-Le Bel du CHUS

Professeurs à l'Institut de pharmacologie de Sherbrooke de l’Université de Sherbrooke

Comment bloquer l'entrée du virus de la grippe dans nos cellules

Pour que le virus de la grippe puisse se propager dans notre système respiratoire, il a besoin d’une clé d’entrée dans la cellule. Cette clé d’entrée se trouve à la surface du virus. Il s’agit d’une protéine qu’on appelle l’hémagglutinine.

Pour que cette clé fonctionne, elle doit être taillée, permettant au virus d’envahir la cellule afin de se répliquer. Or, dans son code génétique, le virus n’a pas les outils nécessaires pour tailler la clé par lui-même et doit donc se servir de l’hôte pour y arriver, à la manière d’un parasite.

Le virus utilise donc des enzymes de l’hôte pour assurer sa réplication. Celles-ci agissent comme un serrurier professionnel, capable de tailler l’hémagglutinine du virus, et d’activer la clé d’entrée. Ainsi, le virus prend le contrôle de la cellule et assure sa pleine réplication, favorisant la propagation de la maladie dans le système respiratoire.

Résistance aux médicaments antiviraux sur le marché
  • Presque toutes les souches H3N2 sont résistantes à l’un des deux types d’antiviraux, ainsi ces médicaments ne sont plus recommandés pour traiter l’influenza.

  • Plusieurs souches des virus H1N1, dont toutes celles qui ont circulé pendant la saison grippale 2007-2008, étaient résistantes au Tamiflu.

  • La majorité des souches dérivées du virus H1N1, dérivées de la pandémie de 2009 et qui circulent encore aujourd’hui, demeurent sensibles mais plusieurs cas de résistance ont été dénombrés.

Poursuivez la lecture

> Wikipedia | Grippe

> Wikipedia | Influenzavirus A sous-type H1N1

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