Projets de recherche | Et si on parlait des douleurs sexuelles?

2012-02-16

Les douleurs lors des relations sexuelles | Un problème courant mais méconnu par la médecine. Afin d’aider les femmes qui en souffrent, le Centre de recherche clinique Étienne-Le Bel (CRCELB) du CHUS lance une recherche sur la meilleure façon de traiter cette douleur.

De nombreuses femmes ressentent une intense douleur à l’entrée du vagin lorsqu’elles font l’amour. La douleur – comme une brûlure ou une coupure – est si vive qu’elle rend les rapports intimes difficiles, voire impossibles.

Cette douleur s’appelle la vestibulodynie provoquée (anciennement vestibulite vulvaire) et c’est la douleur sexuelle la plus fréquente chez les moins de 30 ans.

Mélanie Morin, Pht, Ph.D.« La douleur survient lors des relations sexuelles, mais également quand on exerce une pression à l’entrée du vagin : faire du vélo ou de l’équitation, insérer un tampon hygiénique, porter des vêtements trop serrés, subir un examen gynécologique, etc. », décrit Mélanie Morin, physiothérapeute, Ph. D. et responsable du projet.
 

« La vestibulodynie provoquée est une douleur qui affecte 20 % des femmes. C’est plus fréquent que le diabète et l’arthrite! Pourtant, très peu de femmes osent en parler à leur médecin, ni même à leur conjoint. Il faut briser ce tabou. »


> Participez à un étude clinique sur la vestibulodynie provoquée


Des causes mystérieuses

Les causes demeurent mystérieuses. Plusieurs facteurs sont pointés du doigt, dont : vaginites et infections urinaires à répétition, pilule commencée tôt, sensibilité des nerfs de la région vulvo-vaginale, tensions musculaires du plancher pelvien (muscles à la base du bassin et autour du vagin), fibromyalgie, cystite interstitielle, côlon irritable. La prédisposition génétique est un élément récemment soulevé par les scientifiques.

« La médecine connaît encore peu de choses sur la vestibulodynie provoquée et, tristement, les femmes hésitent à en parler. Bien souvent, elles restent seules avec cette douleur qui ébranle leur estime personnelle, hypothèque leur vie amoureuse, remet en question leurs projets de maternité et secoue leur couple. Certaines femmes tombent même en dépression », poursuit la Dre Morin, qui est aussi professeure à l’Université de Sherbrooke.


Trouver le meilleur traitement possible

Actuellement, il existe plusieurs pistes de traitement comme la crème anesthésiante, la physiothérapie, certains antidépresseurs, les injections de Botox dans les muscles du plancher pelvien et le suivi psychologique. La chirurgie pour enlever la zone sensible à l’entrée du vagin (vestibulectomie) est une solution de dernier recours.

« Nous manquons d’études scientifiques sur l’efficacité des traitements pour la vestibulodynie provoquée. C’est donc l’objet de notre recherche : vérifier l’efficacité réelle des crèmes anesthésiantes et de la physiothérapie, les deux traitements les plus souvent utilisés », explique la Dre Morin, qui a récemment créé le Laboratoire de recherche en urogynécologie. Doté d’équipements de haute technologie, ce laboratoire réunit des experts gynécologues, physiothérapeutes et psychologues.

> En savoir plus
Site Internet du Laboratoire de recherche en urogynécologie
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