Votre graisse brune vous tient au chaud et pourrait un jour traiter l'obésité

2012-01-24

Une récente recherche du Dr André Carpentier ouvre de nouvelles perspectives dans le traitement de l'obésité.

La graisse brune chez l’humain peut brûler une quantité significative d’énergie lors de l’exposition au froid, ce qui constitue un mécanisme permettant de nous tenir au chaud, outre le frissonnement.­

En plus de nous tenir au chaud, ce mécanisme de réchauffement corporel ouvre une voie de recherche intéressante pour le traitement de l’obésité.

> Cette découverte est publiée dans le Journal of Clinical Investigation.

Jusqu'à tout récemment, la présence de tissu adipeux brun chez l’humain adulte et sa contribution à la dépense d’énergie étaient considérées comme étant minimales, voire inexistantes.

Les connaissances sur le processus d’ajustement de la température corporelle indiquaient que, pour se réchauffer, les humains frissonnent tandis que les animaux hibernants utilisent leur graisse brune comme source de chaleur.

Cette étude clinique révèle que la graisse brune chez l’humain permet la combustion d’énergie – sans utiliser le frissonnement – lorsqu’une personne est exposée à un froid intense.

« L’étude que nous avons menée a démontré que la graisse brune, une fois stimulée, peut contribuer de manière significative au métabolisme énergétique, mentionne Pr Denis Richard. »

La graisse brune: un tissu remarquable

« La graisse brune est un tissu remarquable », souligne le Dr André Carpentier. « Spécialisé dans la production de chaleur, ce tissu adipeux brûle du gras et des sucres. »

La graisse brune se retrouve chez tous les nouveau-nés, plus précisément dans leur dos, afin de les protéger du froid.

La plupart du temps, cette graisse disparaît vers l’âge d’un an, mais les adultes semblent la conserver. De récentes études utilisant la tomographie d’émission par positrons ont d’ailleurs démontré sa présence chez les humains adultes, surtout dans la région du cou.

Vers un traitement de l'obésité

Bien que la dépense d’énergie reliée à l’exposition au froid puisse contribuer à faire perdre du poids, la quantité d’énergie consommée est faible si on la compare à toute forme d’activité physique. Les résultats de recherche sont toutefois prometteurs.

« Il n’est pas exclu d’envisager un traitement ciblant l’activation métabolique des graisses brunes combiné à des exercices physiques et une bonne alimentation dans le traitement de l’obésité et ses conséquences. »

Cependant, les gens ne devraient pas dépenser leur argent dans l’achat de systèmes de climatisation dans l’espoir de perdre du poids. Il reste encore beaucoup de recherches à faire avant de pouvoir utiliser cette stratégie de manière efficace et sécuritaire cliniquement », explique André Carpentier.

Coauteurs de l'étude

Dr André Carpentier, M.D.Le Dr André Carpentier est chercheur au Centre de recherche clinique Étienne Le Bel du CHUS dans l’axe de recherche sur les maladies endocriniennes et métaboliques, professeur titulaire au Département de médecine à la Faculté de médecine et des sciences de la santé de l’Université de Sherbrooke, endocrinologue au Centre hospitalier universitaire de Sherbrooke (CHUS)  et directeur de la Chaire IRSC-GSK sur le diabète.

Le Pr Denis Richard est professeur titulaire au Département d’anatomie et de physiologie de la Faculté de médecine de l’Université Laval, directeur de la Chaire de recherche sur l’obésité de l’Université Laval et directeur du Centre de recherche de l’Institut universitaire de cardiologie et de pneumologie de Québec, affilié à l’Université Laval.

Visionner le reportage de
Découverte à Radio-Canada sur l'obésité et la graisse brune diffusé en janvier 2011

Autres liens |

> Lire le communiqué

> Consulter l'étude scientifique

 

 

 

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