Production de technétium | Avancée clinique majeure au Centre de recherche du CHUS

2015-02-16

Une étude clinique démontre que le technétium produit par cyclotron est équivalent à celui produit par réacteur nucléaire.

Cyclotron | Hotte blindée

Des chercheurs du Centre de recherche du Centre hospitalier universitaire de Sherbrooke (CRCHUS) ont dévoilé aujourd’hui les résultats d’une étude clinique prouvant l’équivalence entre le technétium (99mTc) produit par cyclotron et celui produit par réacteur nucléaire.

Cette avancée clinique majeure, découlant de plusieurs années de recherche, aura des effets importants pour la qualité et la sécurité des soins aux patients. Avec les résultats de cette étude, non seulement les équipes de recherche en imagerie médicale du CRCHUS se démarquent, mais elles démontrent que l’approvisionnement futur en isotopes médicaux pourra se faire au moyen d’une technologie verte qui a de l’avenir.

« Nous sommes fiers de présenter les premiers résultats de cette étude clinique réalisée auprès de personnes atteintes de trouble de la glande thyroïde, a affirmé le Dr Éric Turcotte, nucléiste au CHUS  et professeur-chercheur au CRCHUS et à la Faculté de médecine et des sciences de la santé de l’Université de Sherbrooke.

Nous avons eu l’approbation de Santé Canada pour cette étude en juillet 2014. Les images du premier patient ont été réalisées le 23 septembre 2014 pour un total de onze patients injectés avec le 99mTc fabriqué par cyclotron à ce jour. Je tiens à les remercier d’avoir participé à notre étude avec autant d’enthousiasme. »


Pour le Dr Turcotte, les résultats sont concluants. « Les images obtenues avec le 99mTc produit par notre cyclotron sont équivalentes à celles produites avec du 99mTc provenant d’un réacteur et elles nous ont permis d’effectuer un diagnostic précis.  Tel qu’attendu, aucun patient n’a eu d’effet secondaire. Nous voulons maintenant expérimenter ce 99mTc pour effectuer des examens plus complexes en médecine nucléaire, notamment une évaluation de la contractilité myocardique et possiblement des études de ventilation pour les études d’embolie pulmonaire. »

  

La technologie verte de l’avenir

Le 99mTc est utilisé dans plus de 85 % des examens diagnostiques en médecine nucléaire, tel que l’imagerie cardiaque, les scintigraphies osseuses servant à détecter les cancers et plusieurs autres examens servant à mesurer le fonctionnement des divers organes. La demande mondiale en 99mTc  est présentement estimée à environ 40 millions de doses par année, mais les scientifiques prévoient qu’elle augmentera de 15 % au cours des dix prochaines années compte tenu du vieillissement de la population. Il faut garantir l’approvisionnement futur en isotopes médicaux.

La production de 99mTc par cyclotron peut pallier les besoins. Elle ne produit pas de déchets nucléaires, ce qui en fait la technologie verte de l’avenir.  Elle est aussi peu coûteuse comparée à l’investissement que représenterait la construction d’un réacteur nucléaire.

  

Vers la commercialisation du 99mTc au Québec

Cette étude clinique représente une première étape critique franchie vers la commercialisation du 99mTc, a expliqué Brigitte Guérin, professeure-chercheuse au CRCHUS et à la Faculté de médecine et des sciences de la santé de l’Université de Sherbrooke.

« Nous avons démontré la faisabilité du processus et confirmé la bioéquivalence du 99mTc produit par cyclotron de haute performance en comparaison de celui produit par réacteur nucléaire. Nos efforts sont actuellement concentrés sur la mise en place d’une production à plus grande échelle et d’une structure de distribution des isotopes vers les centres hospitaliers de la région et du Québec pour 2016. »

 

Ce projet a été rendu possible grâce à Ressources naturelles Canada, qui y a investi au CRCHUS 2,9 M $ via le programme d’accélération des technologies d’isotopes (PATI). À cela s’ajoute une contribution de 600 000 $ du ministère de la Santé et des Services sociaux du Québec (MSSS), de 400 000 $ de la Fondation du CHUS, et de 70 000 $ du consortium MITNEC (Medical Imaging Trial Network of Canada) financé par les Instituts de recherche en santé du Canada (IRSC). Le projet PATI est fait au CRCHUS en collaboration avec une équipe de chercheurs de l’Université de l’Alberta, et la compagnie Advanced Cyclotron System Inc., fabricant des cyclotrons.

  

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